L'audition en 10 questions

Problèmes d’audition

1. A quoi peuvent-être dus les problèmes d'audition?


Les problèmes d’audition peuvent avoir différentes causes. Certains sont la conséquence de l’exposition au bruit, dans le cadre du travail ou des loisirs (chasse, ball-trap, spectacles…). D’autres sont liés à l’hérédité ou à des pathologies de l’oreille (otites répétées…). D’autres, enfin, sont liées à l’usure naturelle des cellules de l’oreille interne, que l’on appelle presbyacousie. Cette usure, qui survient en général après 50 ans, est de loin la cause la plus fréquente. Il arrive, toutefois, que les problèmes d’audition ne soient pas dus à une seule cause, mais à plusieurs facteurs conjugués.


Il est important de consulter un spécialiste au moindre doute, car une perte d’audition non traitée peut avoir des conséquences néfastes sur votre santé.


2. Quels sont les signes de la presbyacousie?


La presbyacousie

 

La presbyacousie est une perte de sensibilité ou d’acuité auditive qui résulte du vieillissement naturel des cellules sensorielles de notre oreille interne, dont les capacités s’altèrent avec l’exposition aux bruits de notre environnement sonore. Cette usure naturelle ne touche pas que les seniors. Elle peut débuter très tôt, dès l’âge de 45 ans, mais survient le plus souvent entre 50 et 60 ans. La perte d’audition apparaît généralement de manière progressive, si bien que l’on ne s’en rend pas forcément compte. Un signe caractéristique de la presbyacousie doit toutefois vous alerter : la difficulté grandissante à suivre une conversation dans des contextes sonores perturbés (conversations à plusieurs, au restaurant…).  Cette difficulté d’audition en milieu bruyant est due au fait que les dégradations des cellules ciliées de l’oreille interne touchent en premier lieu la zone anatomique où sont codées les fréquences aiguës, zone la plus proche de l’entrée de l’oreille interne. Les fréquences aiguës n’étant plus entendues correctement, les sons graves deviendront masquants et le presbyacousique aura du mal à comprendre dans le bruit. Même en augmentant le volume sonore, le malentendant peinera à entendre la voix de ses interlocuteurs et tentera d’expliquer ses difficultés : « je ne suis pas sourd, j’entends bien, mais je ne comprends pas car les gens n’articulent pas… ».


3. Quand faut-il consulter un professionnel de l'audition?


Consulter un audioprothésiste

 

Vous ressentez des difficultés d’audition ? Il est très important de consulter un médecin ORL (oto-rhino-laryngologiste) dès les premiers symptômes car plus le dépistage est précoce, plus il sera facile de trouver pour vous une solution discrète et efficace. Ce médecin spécialisé dans le traitement médical ou chirurgical du nez, de la gorge ou de l’oreille, procèdera à un examen du système auditif et testera votre audition par audiométrie. Il pourra ainsi mesurer l’ampleur exacte de votre perte d’audition, en diagnostiquer la cause et proposer la solution la plus adaptée. Il vérifiera l’absence de contre-indication à l’appareillage et prescrira éventuellement le port d’aides auditives. Muni de cette prescription indispensable pour la prise en charge de votre appareillage par la Sécurité sociale, vous pourrez alors vous rendre chez un audioprothésiste. L’audioprothésiste complètera alors le travail du médecin ORL par un bilan d’investigation prothétique. Il se mettra non seulement à l’écoute de vos difficultés d’audition, mais aussi de vos attentes, de vos conditions de vie, pour vous proposer les aides auditives les plus adaptées à vos besoins. Il vous proposera d’essayer des aides auditives en conditions de vie réelle, ajustera ces aides auditives et vous accompagnera dans cette phase de rééducation audioprothétique. Il vous apprendra à manipuler les appareils et fera évoluer les réglages au cours de la période d’essai en fonction de vos impressions. Vous ne garderez les appareils que si vous en êtes satisfaits et continuerez à bénéficier de la même qualité de suivi durant toute leur durée de vie.


4. Pourquoi ne faut-il pas trop attendre pour s’appareiller ?


 

Souvent anodines au début, les conséquences d’une perte d’audition peuvent s’aggraver au fil du temps. Au travail, il vous arrive de ne pas entendre certaines informations importantes ? Dans la rue, vous ne savez pas toujours où se trouve la voiture qui vous klaxonne ? Lors des repas à table, vous avez du mal à suivre les conversations et osez de moins en moins prendre la parole. Un certain nombre de situations vous semblent désormais insurmontables ? Plus question d’aller dans un restaurant un peu bruyant, au cinéma ou voir un spectacle ? Vous en arrivez même à appréhender des repas en famille ou entre amis ?

 

Vous devriez a priori vous faire appareiller et vous repoussez l’échéance. Il est impératif, pourtant, de ne pas attendre trop longtemps, et ce pour deux raisons. Il est, tout d’abord, indispensable de continuer de faire travailler vos circuits nerveux pour stimuler vos capacités de mémorisation, d’attention et d’éveil et conserver ainsi une bonne intelligibilité de la parole, c’est-à-dire une bonne capacité à comprendre les mots, au-delà de la seule capacité à bien entendre les sons. Et puis il faut également prendre garde à ne pas vous couper du monde qui vous entoure. Une perte d’audition non corrigée conduit inévitablement à un certain isolement, qui pose lui-même plusieurs problèmes. Il peut rendre certaines personnes anxieuses, voire déprimées et peut aussi avoir des effets néfastes sur le fonctionnement du cerveau.

 

Plusieurs études scientifiques récentes ont ainsi établi un lien entre la perte de l’audition et les maladies dégénératives du cerveau. En France, une équipe de chercheurs réunie au sein du Groupe de Recherche Alzheimer Presbyacousie (GRAP) a ainsi étudié, par exemple, la relation entre surdité et maladie d’Alzheimer. Or il est apparu qu’à partir de 75 ans, le risque de développer une maladie de type Alzheimer est de 2,5 fois plus élevé chez les sujets atteints de surdité s’ils n’ont pas été appareillés de manière précoce. Récemment, une nouvelle étude de l’INSERM a d'ailleurs de nouveau confirmé le lien entre le déficit auditif et les « 3 D » (dépression, démence, dépendance) et démontré, pour la première fois, que pour les sujets utilisant des appareils auditifs, le sur -risque lié aux « 3 D » (dépression, dépendance, démence) est absent .


5. Comment fonctionne le système auditif ?


Fonctionnement du système auditif

 

L’ouïe est un sens complexe qui met en œuvre à la fois le système auditif et le cerveau : elle est obtenue par la transformation d’une énergie mécanique (les vibrations du son dans l’air) en électricité, cette électricité étant directement conduite au cerveau par le nerf auditif. Lorsqu’un son est émis, il entre par l’oreille externe et il est conduit jusqu’au tympan par le conduit auditif externe. Derrière cette membrane, l’oreille moyenne prend le relais en amplifiant le son grâce à trois osselets (le marteau, l’enclume et l’étrier) et en le transmettant à l’oreille interne. C’est alors au tour de la cochlée qui contient 16 000 cellules ciliées de transformer ce son en énergie électrique. La fréquence du son va déterminer le groupe de cellules ciliées qui va être actif. C’est ce qui permet en effet de distinguer une grande variété de sollicitations sonores. Si les cellules ciliées sont endommagées, elles ont alors des difficultés à percevoir certains sons : par conséquent,  l’acuité auditive diminue.


6. Comment fonctionne une aide auditive ?


Fonctionnement d’une aide auditive

 

Une aide auditive sert de passerelle entre l’environnement sonore et la zone d’audition du malentendant. Les aides auditives numériques d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les premiers appareils auditifs. Ce sont de véritables ordinateurs microscopiques, capables d’analyser l’environnement sonore pour amplifier sélectivement la parole et le bruit et effectuer plusieurs dizaines de milliers d’opérations de calcul en une seconde pour ajuster l’environnement sonore à votre audition résiduelle. Une aide auditive est toujours composée d’un mini-microphone pour recevoir le son, d’un circuit numérique, cœur du système amplificateur, pour traiter le signal sonore numérisé, c’est-à-dire transformé en suite numérique, et d’un écouteur pour restituer le signal sous forme acoustique. Dans de nombreux cas, cet écouteur devra être adapté afin d’être connecté au conduit auditif externe par une pièce, moulée spécialement à la forme de chaque oreille, l’embout ou la coque auriculaire. La performance d’une aide auditive dépendra, en très grande partie, de la qualité du réglage personnalisé réalisé par l’audioprothésiste. C’est donc la qualité de l’audioprothésiste qui conditionne la réussite de l’appareillage.


7. Qu’est-ce qu’un traumatisme sonore ?


Traumatisme sonore

 

Il faut être très vigilant par rapport au traumatisme sonore qui reste l’ennemi numéro un d’une bonne audition. Sirènes d’ambulances ou de pompiers, tronçonneuses ou perceuses, concerts ou baladeurs, ces bruits du quotidien sont considérés comme néfastes à partir de 70-80 décibels. Passés les 80 décibels, les cellules les plus fragiles destinées aux fréquences aiguës sont agressées. L’intensité sonore, sa proximité et la durée d’exposition au bruit vont alors constituer trois facteurs de risque déterminants. Au-delà de 80 décibels, le temps d’exposition ne doit pas dépasser 30 minutes !


8. L’appareillage ne va-t-il pas me rendre plus sourd ?


 

Il est tentant de faire le parallèle entre la baisse de l’audition liée au vieillissement naturel des cellules de l’oreille interne (presbyacousie) et la baisse de la vue liée elle aussi à l’âge (presbytie). Les causes de ces deux dégradations sont toutefois très différentes. Dans le cadre de la presbytie, il s’agit d’une perte d’élasticité du cristallin qui empêche l’œil d’accommoder correctement. La correction par des verres de vision de près évite au cristallin d’avoir à se déformer pour que l’œil voie de près. Cette correction peut donc avoir pour conséquence de rendre l’œil « paresseux », ce qui explique l’impression de moins bien voir de près qu’avant lorsque l’on enlève ses nouvelles lunettes. Dans le cas de la presbyacousie, le mécanisme en jeu n’est pas musculaire, mais neurologique. Un appareillage ne va donc pas aggraver la dégradation de l’audition, mais faire au contraire « retravailler » les zones corticales non stimulées du fait de l’altération de la cochlée. L’appareillage permet en effet de stimuler toutes les zones de l’aire auditive située dans notre cerveau. Or ce sont ces zones qui, reliées avec les zones de la mémoire, nous permettent de comprendre la parole. On comprend dès lors que toute absence ou diminution de cette activité des zones de travail de la mémoire auditive puisse, à plus ou moins long terme, engendrer des troubles dégénératifs du cerveau. Appareiller de manière précoce sera donc un moyen de préserver son audition et de maintenir son activité de compréhension dans le temps.


9. Les baladeurs et les portables présentent-ils un danger pour les oreilles ?


Les baladeurs et les portables un danger pour les oreilles ?

 

Dans notre société d’hyper-connexion à tous les médias, l’ouïe est constamment sollicitée et le silence se fait rare… Des études ont montré que l’utilisation prolongée des téléphones portables n’était pas sans risques. Il faut donc garder une utilisation raisonnée de ces appareils pour conserver de bonnes capacités auditives, le plus longtemps possible.


10. Les acouphènes : qu’est-ce que c’est ?


Origines des acouphènes

 

8 % de la population souffrirait d’acouphènes aujourd’hui en France. Ces bruits qu’on dit « fantômes » seraient la conséquence d’une souffrance des cellules ciliées dans l’oreille interne, qui n’enverraient plus les signaux électriques habituels par le nerf auditif. Cette absence entraînerait alors une réaction anarchique de certains neurones qui émettraient ces bruits fantômes.


 

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